Charbon au Royaume-Uni : pourquoi l’ère est déjà terminée (analyse 2026)
Le charbon a-t-il encore un avenir au Royaume-Uni, ou n’est-il déjà plus qu’un souvenir énergétique ? Peut-on parler de déclin quand, depuis septembre 2024, la dernière centrale a cessé de produire le moindre kilowatt ?
Pourquoi cette sortie totale est-elle passée presque inaperçue, et que signifie-t-elle vraiment en 2026 ? Derrière l’annonce symbolique, il y a une bascule structurelle, des choix politiques clairs et des effets concrets qu’il faut maintenant décortiquer.

Le charbon au Royaume-Uni : de pilier national à page tournée
Pendant plus de 140 ans, le charbon a littéralement alimenté la puissance britannique. En 1913, la production atteignait un sommet historique : 292 millions de tonnes extraites en une seule année, depuis plus de 3 000 mines. En 1920, 1,2 million de personnes travaillaient dans l’industrie charbonnière.
Puis tout s’est inversé. Lentement d’abord. Brutalement ensuite.
La révolution industrielle : quand le charbon faisait battre le cœur du pays
Dès le XVIIIe siècle, le charbon devient le moteur invisible de la révolution industrielle. Il chauffe les foyers, fait tourner les machines à vapeur, alimente les usines textiles et sidérurgiques. Londres, Manchester, Sheffield ou Newcastle se développent au rythme des wagonnets et des hauts fourneaux.
Mais cette prospérité avait un coût : pollution extrême, maladies respiratoires, accidents miniers, et une dépendance totale à une seule ressource.
Du déclin à l’effondrement : ce qui a vraiment tué le charbon
Contrairement à une idée reçue, ce n’est pas l’écologie seule qui a condamné le charbon. Ce sont les chiffres.
- Dès les années 1990, le gaz naturel devient moins cher et plus flexible.
- En 2013, le Royaume-Uni introduit un prix plancher du carbone, rendant le charbon économiquement intenable.
- Entre 2012 et 2024, la part du charbon dans l’électricité passe de 40 % à 0 %.
La fermeture de la centrale de Ratcliffe-on-Soar, dans le Nottinghamshire, le 30 septembre 2024 à minuit, marque la fin officielle de l’ère du charbon électrique au Royaume-Uni.
2026 : que reste-t-il concrètement du charbon au Royaume-Uni ?
C’est ici que la plupart des lecteurs se trompent.
Le charbon n’a pas totalement disparu du territoire. Mais son rôle est désormais marginal, presque symbolique.
Mines encore actives : les chiffres réels
Fin 2025, le Royaume-Uni comptait 9 sites miniers encore déclarés, principalement :
- Aberpergwm (Pays de Galles)
- Ayle Colliery (Cumbria)
- Petites exploitations artisanales dans la Forest of Dean
Production totale : moins de 12 000 tonnes par mois. Effectifs : environ 275 travailleurs sur tout le pays. À titre de comparaison, une seule mine employait parfois plus de 5 000 personnes au XXe siècle.

Production d’électricité : charbon à 0 %, vraiment 0 %
En 2025, première année complète sans centrale à charbon :
- Charbon : 0,0 %
- Éolien : 29,7 %
- Gaz : 26,8 %
- Nucléaire : 11,8 %
- Solaire : 6,5 %
- Biomasse : 6,9 %
Les énergies renouvelables ont fourni 44 % de l’électricité britannique en 2025, un record historique.
Ce que la fin du charbon a vraiment changé (et ce qu’elle n’a pas réglé)
La disparition du charbon a réduit les émissions du secteur électrique de près de 75 % depuis 2012. Mais elle a aussi créé un nouvel équilibre fragile.
Le paradoxe britannique : plus propre, mais encore dépendant
Sans charbon, le système repose fortement sur le gaz pour compenser les périodes sans vent ni soleil. Résultat : en 2025, l’intensité carbone moyenne de l’électricité a légèrement augmenté, malgré un mix plus vert.

L’avenir après le charbon : la vraie question pour 2030
Le Royaume-Uni vise une électricité 100 % décarbonée d’ici 2030. Sans charbon, tout se joue désormais sur trois leviers :
- Le stockage d’énergie (batteries, STEP)
- Le renforcement du réseau
- La réduction de la dépendance au gaz
Le charbon a quitté la scène. Mais le véritable acte final de la transition énergétique britannique reste à écrire.
Conclusion : le charbon n’est pas mort, il est devenu une leçon
Au début de cet article, une question implicite planait : le charbon a-t-il encore un avenir au Royaume-Uni ?
En 2026, la réponse est claire. Non.
Mais son héritage, lui, est partout : dans les villes minières, dans les politiques climatiques, et dans cette preuve tangible qu’un pays industriel peut tourner la page — plus vite qu’on ne l’imaginait.







