Pétrole en Écosse : ce que l’on ne vous dit pas sur l’industrie en 2026
Je l’avoue : moi aussi, j’ai cru que le pétrole écossais était un vestige. Un héritage encombrant, déjà rangé au musée de la transition énergétique. Puis j’ai regardé de plus près. Et ce que j’ai vu en 2026 n’a rien d’un déclin tranquille.
L’industrie n’a pas disparu ; elle s’est reconfigurée, discrètement, stratégiquement. Derrière les chiffres et les discours verts, une autre réalité s’installe — et c’est par là qu’il faut commencer.

Le vrai point de bascule : 2025–2026
Le moment charnière n’est pas 1969, année de la découverte de Forties. C’est avril 2025, lorsque la raffinerie de Grangemouth a cessé de traiter du brut. Pour la première fois depuis un siècle, l’Écosse n’a plus de raffinerie de pétrole active.
Mais attention au contresens : la fermeture de Grangemouth ne signifie pas la fin du pétrole écossais. Elle marque la fin d’un modèle industriel, pas d’une ressource.

Production en 2026 : moins de volume, plus de valeur stratégique
En 2026, la production issue des eaux écossaises représente environ 560 000 barils équivalent pétrole par jour, en baisse par rapport aux pics des années 1990. Pourtant, ces barils comptent plus que jamais.
Pourquoi ? Parce que chaque baril domestique produit est un baril qui n’est pas importé. Et depuis 2022, la sécurité énergétique est redevenue une obsession politique.
Où se trouve encore le pétrole écossais ?
- Mer du Nord centrale : toujours active, mais mature. Les champs comme Forties ou Brent produisent moins, mais plus intelligemment grâce à l’EOR.
- Ouest des Shetland : la vraie carte stratégique. Zones plus profondes, plus coûteuses, mais encore riches en hydrocarbures exploitables.
Grangemouth après le pétrole : la mutation forcée
La raffinerie de Grangemouth traitait jusqu’à 140 000 barils par jour et fournissait près de 65 % des carburants écossais. Depuis juillet 2025, le site fonctionne comme terminal d’importation.
Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Un plan de transformation de £3,5 milliards vise à convertir le site en hub énergétique bas carbone : hydrogène, carburants d’aviation durables (SAF), recyclage chimique.


Régulation en 2026 : un mot-clé, la transition
L’ancienne Oil and Gas Authority s’appelle désormais la North Sea Transition Authority (NSTA). Le changement de nom n’est pas cosmétique : la mission inclut désormais la réduction des émissions, le stockage du carbone et l’hydrogène offshore.
Depuis novembre 2025, le gouvernement britannique n’accorde plus de nouvelles licences d’exploration, mais autorise l’optimisation des champs existants jusqu’à leur fin de vie.
Emplois : ce que les chiffres disent vraiment
Contrairement aux idées reçues, le pétrole et le gaz soutiennent encore plus de 80 000 emplois en Écosse en 2026 (directs, indirects et induits). Le problème n’est pas la disparition soudaine des emplois, mais leur transition trop lente.
Les compétences offshore — ingénierie, maintenance, sécurité — sont exactement celles requises pour l’éolien en mer et le captage du carbone. La question n’est pas “quoi faire après le pétrole”, mais “à quelle vitesse”.
Tourisme et pétrole : un paradoxe écossais
À Aberdeen, le Maritime Museum attire des milliers de visiteurs par an. Non pour glorifier le pétrole, mais pour expliquer comment il a façonné une région entière — et comment cette région tente aujourd’hui de se réinventer.
Ce que vous devez retenir
Le pétrole en Écosse en 2026 n’est ni un héros, ni un coupable. C’est un outil de transition. Mal utilisé, il retarde l’avenir. Bien géré, il finance et sécurise le passage vers autre chose.
La vraie question n’est donc pas : « Quand le pétrole disparaîtra-t-il ? »
Mais : que fera l’Écosse du temps qu’il lui reste ?







